LES SPECTACLES
Robbie Williams : « Je suis une vraie pop star »
MUSIQUE.
Grand nostalgique des années 1980, le chanteur anglais continue d'aligner les tubes, entre rock et variété, dans son nouvel album « Intensive Care », qui sort aujourd'hui (24 octobre 2005). Il assume son statut de vedette sans fausse modestie.
Il déboule dans ce hall d'hôtel parisien comme une fusée. Très entouré vêtu d'un costume trois pièces couleur crème et lunettes de soleil sur le nez, le chanteur Robbie Williams, 31 ans, ne passe pas inaperçu. A quelques jours de la sortie - aujourd'hui même - de son nouvel album « Intensive Care », la star anglaise exilée aux Etats-Unis nous a livré ses confidences.
Comment vous sentez-vous ?
• Robbie Williams: Je suis heureux. Je suis content de mon nouvel album et je pense avoir prouvé que je savais écrire des chansons. J'ai progressé. Le premier single extrait du disque, « Tripping », reçoit partout un accueil fantastique. Ça me rassure. J'ai le sentiment d'être au bon moment au bon endroit et d'être enfin devenu une vraie pop star.
Comment ça ?
Le monde de la musique et celui du show-business sont étranges, de nos jours. D'un côté, il y a les artistes issus de la téléréalité. Combien de personnes dans le monde ont passé ces castings depuis cinq ou six ans? Des millions. Combien en reste-t-il là où ces émissions existent ? Un ou deux par pays, à tout casser. Ce système est donc en situation d'échec, même si je prends toujours, comme d'autres, autant de plaisir à regarder ces programmes. De l'autre côté, il y a un rock qui se prétend indépendant, symbolisé par des groupes comme Coldplay et Franz Ferdinand. Ce sont des gens de talent. Entre les deux, il y a un boulevard et personne dessus. Enfin si, il y a moi. Je suis tout seul sur ce créneau, lorsque George Michael n'est pas en activité en tout cas. Alors, oui, aujourd'hui, je suis une vraie pop star. Quand je passe à la télé, les gens ne zappent pas. Même ceux qui me déteste.
Ce nouvel album sonne comme un hommage aux années 1980...
Il est bon ton de cracher sur cette prériode, ça m'est arrivé. Mais c'est celle de mon enfance, de mes années d'école. A l'époque, il y avait dans le circuit des artistes fantastiques, avec de grandes personnalités et de vrais univers. Comme les groupes Human League, Prefab Sprout... Lorsque j'écoute ces gens-là, ça me rend nostalgique. J'aimerais que mes chansons aient le même impact sur le public.
Vous avez enregistré ce disque chez vous, à Los Angeles, dans votre chambre...
Oui, avec mon pote Stephen Duffy (NDLR : membre de la formation originelle de Duran Duran). Heureusement, j'ai une très grande chambre... Et lorsqu'on faisait une pause, on allait jouer au foot sur la plage, tranquillement. J'ai monté une équipe là-bas, avec des copains, on se débrouille pas mal. Il m'est impossible de retourner vivre en Angleterre. Pas à cause du public, qui me soutient toujours, mais à cause de cette presse qui ne me lâche pas. D'ailleurs, je refuse formellement de leur parler depuis des années. Et puis, pourquoi ne pas venir un jour m'installer ici à Paris ? J'ai l'impression que je pourrais y vivre normalement.
A part le foot et la musique, quelles sont vos occupations?
Je regarde beaucoup la télé, allongé dans mon lit. J'adore ça. J'ai un système ultramoderne qui enregistre les programmes en zappant les publicités. De toute façon, je ne crois pas les gens qui disent qu'ils ne regardent pas la télé. Ce sont des menteurs.
Il y a beaucoup d'histoires d'amour tristes dans cet album. Est-ce autobiographique?
Pas vraiment, ce ne sont que des personnages. En même temps, ça fait sept ans que je n'ai pas appelé quelqu'un my girlfriend (NDLR:"ma petite amie")... J'ai 31 ans, bientôt 32. Je devrais m'inquiéter mais j'ai toujours été comme ça, même avant de devenir célèbre. J'aimerais avoir une relation sérieuse mais je n'y arrive pas. J'ai toujours attiré les cinglées. Peut-être parce que je le suis moi-même. Ca m'a longtemps posé problème, mais je me contente dorénavant de rendez-vous et de coucher à droite à gauche.
La pochette de votre nouvel album est pleine de signes ayant rapport avec les tarots. Vous êtes devenu mystique?
C'est un ami artiste, Frank Quitely, qui l'a dessiné. J'adore ces références. Si un jour il crée sa religion, je crois que je le rejoindrai.
Vous êtes croyant?
Non. J'ai grandi dans la religion catholique, mais je ne suis pas du tout pratiquant. Je me contente de profiter de mon travail et de mes amis. C'est bon pour mon équilibre.
Propos recueillis
par Sébastien Catroux
"Intensive care" : brillant ***
Il y a quelque chose de pétillant chez Robbie Williams. Même lorsqu'il s'attelle à revisiter les sonorités et les ambiances des années 1980, on n'a jamais envie de crier au plagiat ni à l'imposture. Dans cet album aux contours brillants, la new wave ("Sin Sin Sin") voisine avec un rock de bon aloi ("A Place To Crash") et les ballades façon Rolling Stones ou Rod Stewart ("Make me pure"). Quand au premier single extrait du disque, "Tripping", c'est un reggae bizarroïde qui ne ressemble à rien de ce qu'on connaït du chanteur. S'il ne prône pas la révolution musicale, Robbie Williams, au moins, sait livrer d'excellents produits de grande consommation.
S.C.
Robbie Williams, "Intensive Care", Disques EMI, 16,99 ¤